Résumé :

Le reste à charge des patients peuvent compromettre l’équité verticale du financement et générer des besoins médicaux non satisfaits. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’équité verticale des dépenses de santé ambulatoires à la charge des patients atteints de lymphœdème en France.

Vingt-sept centres ont participé à cette étude prospective multicentrique nationale, dont 11 hôpitaux de second recours et 16 structures de soins primaires. Nous avons mesuré les dépenses spécifiques au lymphœdème à la charge des patients sur une période de six mois pour les soins ambulatoires. L’équité verticale de ces dépenses a été analysée à l’aide de courbes de concentration, du coefficient de Gini pour les revenus, de l’indice de Kakwani et de l’indice de Reynolds-Smolensky.

Nous avons inclus 231 patients atteints de lymphœdème, âgés de 7 ans ou plus, résidant en France métropolitaine et ayant accès à Internet et à une adresse email. Après remboursement par les assurances complémentaires, la dépense moyenne restante à la charge du patient s’élevait à 101,4 euros par mois, principalement liée aux transports (32 %) et aux dispositifs médicaux (26 %).

Les courbes de concentration ont mis en évidence un caractère régressif des dépenses à la charge des patients. Celles-ci représentaient 10,1 % du revenu par unité de consommation pour le quintile le plus pauvre, contre 3,5 % pour le quintile le plus riche (p < 0,05). L’indice de Kakwani pour ces dépenses était de -0,18.

Concernant les soins ambulatoires, les patients français atteints de lymphœdème sont confrontés à des dépenses importantes et régressives, associées à un risque accru de renoncement aux soins. Ces résultats mettent en lumière des inégalités socio-économiques marquées et questionnent les modalités actuelles de financement des soins ambulatoires en France.

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