Résumé :

Le lymphœdème primaire, une maladie rare, a une cause génétique chez environ 40 % des patients. Récemment, des mutations perte de fonction du gène PIEZO1, codant pour la protéine mécanotransductrice PIEZO1, ont été décrites comme responsables de lymphœdème primaire, tandis que les mutations gain de fonction de PIEZO1 ont été attribuées à la stomatocytose héréditaire déshydratée de type 1 (DHS), une hémopathie hémolytique dominante, avec environ 20 % des patients présentant un œdème périnatal.

Le lymphœdème a été diagnostiqué chez un homme de 36 ans issu d’une famille de trois générations atteinte de DHS, porteur d’un allèle PIEZO1 présentant trois mutations faux-sens en cis. Quatre membres de la famille affectés présentaient un œdème fœtal et néonatal sévère, le plus marqué étant chez le proband, dont l’œdème généralisé avec ascite prédominante s’était résorbé après 8 mois.

Chez notre patient, des épisodes intermittents de lymphœdème des membres inférieurs survenaient pendant les périodes chaudes à la puberté ; ils sont devenus persistants et bilatéraux à l’âge de 32 ans. Le signe de Stemmer clinique a confirmé le lymphœdème. La lymphoscintigraphie des jambes a montré un reflux dermique important dans les deux mollets, prédominant à droite. La lymphographie par résonance magnétique sans injection a mis en évidence un lymphœdème bilatéral des membres inférieurs et des troncs lymphatiques iliaques et inguinaux dilatés et dysplasiques. L’analyse par séquençage de l’exome n’a identifié aucune variation pathogène supplémentaire dans les gènes associés au lymphœdème primaire.

Il s’agit de la première description d’un lymphœdème adulte bien documenté associé à PIEZO1-DHS. La physiopathologie du lymphœdème primaire lié à PIEZO1 est mal comprise. La question de savoir si elle entraîne des phénotypes chevauchants ou des mécanismes différents pour les mutations gain ou perte de fonction mérite une investigation plus approfondie.

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