Résumé :
Introduction : Le sirolimus, est un inhibiteur de mTOR utilisé comme antirejet après une transplantation d’organe et dans le traitement de certaines malformations vasculaires. Parmi ses effets indésirables, ont été décrits des lymphœdèmes des membres.
Objectifs : Analyser les caractéristiques cliniques, scintigraphiques et évolutives des lymphœdèmes survenus sous sirolimus.
Matériels et méthodes : Étude rétrospective monocentrique de janvier 2008 à septembre 2017 de tous les patients ayant eu un lymphœdème survenu sous sirolimus.
Résultats : Quinze patients (7 hommes, 8 femmes), d’âge moyen de 56 ans lors de la première consultation (extrêmes : 38–76), ayant eu une greffe rénale (n=12), hépatique (n=1), ou une lymphangioléiomyomatose (n=2) sous sirolimus à dose moyenne quotidienne de 1,8 mg ont été inclus. Le lymphœdème touchait un (n=4), ou les deux (n=1) membres inférieurs, le membre supérieur (n=9), les membres inférieurs et le membre supérieur (n=1). Le lymphœdème touchait le membre en totalité (n=10), ou la distalité (n=5). Le délai médian d’apparition du lymphœdème par rapport au début de la prise de sirolimus était de 52 semaines (extrêmes : 8–232). Une lymphoscintigraphie chez sept patients (membre inférieur : 3, supérieur : 4) retrouvait une absence de fixation ganglionnaire inguinale ou axillaire (n=6) ou diminuée (n=1). Le sirolimus était arrêté dans sept cas sans amélioration du lymphœdème avec un recul médian de 12 mois et poursuivi dans huit cas.