Résumé :

Le lymphœdème est causé par un dysfonctionnement des vaisseaux lymphatiques, entraînant un gonflement invalidant qui touche principalement les extrémités. Il peut être primaire (congénital) ou secondaire (acquis). Le lymphœdème primaire familial se transmet le plus souvent selon un mode autosomique dominant ou récessif. Il peut également s’associer à d’autres manifestations cliniques. Neuf gènes mutés ont été identifiés dans différentes formes isolées ou syndromiques de lymphœdème. Toutefois, la prévalence du lymphœdème primaire expliquée par ces altérations génétiques reste inconnue.

Dans cette étude, nous avons investigué sept de ces gènes candidats. Nous avons recherché des mutations dans FLT4, GJC2, FOXC2, SOX18, GATA2, CCBE1 et PTPN14 chez 78 patients index issus de familles présentant un lymphœdème héréditaire. Au total, 28 mutations ont été identifiées, expliquant 36 % des cas. Par ailleurs, 149 patients atteints de lymphœdème primaire sporadique ont été analysés pour FLT4, FOXC2, SOX18, CCBE1 et PTPN14. Douze mutations ont été retrouvées, expliquant 8 % des cas.

La cause génétique demeure inconnue chez 64 % des patients avec antécédents familiaux et chez 92 % des cas sporadiques. L’identification de ces gènes est essentielle pour comprendre l’étiopathogénie, stratifier les traitements et développer des modèles de maladie. Fait intéressant, la plupart des protéines codées par les gènes mutés dans le lymphœdème primaire semblent intervenir dans une même voie fonctionnelle impliquant la signalisation VEGFR3. Ceci souligne le rôle majeur de cette voie dans le développement et la fonction du système lymphatique et suggère que les gènes encore inconnus y participent également.

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