Résumé :
Le lymphœdème a toujours constitué un problème de santé mondiale négligé. Une exigence centrale pour le développement de toute maladie chronique est l’utilisation claire de définitions de santé publique, utilisables à l’échelle internationale pour définir les populations. Historiquement, le terme « lymphœdème » a été défini soit comme primaire, résultant d’un défaut de développement du système lymphatique, soit comme secondaire, consécutif à une atteinte des vaisseaux lymphatiques (par exemple après un traitement du cancer, un traumatisme ou une filariose). Les tentatives d’intégrer les causes d’œdèmes liées à une atteinte du système veineux ou aux effets de la gravité, de l’immobilité et des maladies systémiques ont rarement été prises en compte. Plus récemment, le rôle majeur du système lymphatique dans l’homéostasie des fluides tissulaires, dans toutes les formes d’œdème chronique, a été reconnu. Ces avancées ont conduit au développement du terme : « Œdème chronique : terme générique utilisé pour décrire un œdème présent depuis plus de trois mois. » Il peut être considéré comme un terme parapluie incluant non seulement le lymphœdème au sens conventionnel, mais aussi les gonflements chroniques d’origine plus complexe. Cette définition a été adoptée dans l’étude épidémiologique internationale LIMPRINT, qui a permis d’identifier des patients à travers les systèmes de santé et de soins sociaux dans les pays participants. Des définitions plus claires permettront d’examiner ce problème majeur de santé publique, dont l’ampleur risque de croître au vu des projections liées au vieillissement de la population et aux comorbidités multiples. Elles permettront également de mettre en évidence la mortalité et la morbidité cachées associées aux complications, telles que les cellulites, ainsi que l’impact sur la qualité de vie liée à la santé. Ces données sont urgemment nécessaires afin de plaider pour une augmentation des ressources et une prise en charge plus efficace dans un contexte de compétition accrue entre priorités de santé, où les pathologies mieux établies bénéficient de financements plus importants.