Contexte : Le lymphœdème primaire des membres inférieurs est une pathologie chronique invalidante sans traitement curatif. La phase initiale du traitement vise à réduire le volume du lymphœdème, tandis que la seconde a pour objectif de stabiliser cette réduction.

Objectif : Cette étude avait pour but d’analyser les caractéristiques cliniques et lymphoscintigraphiques pouvant prédire la réduction de volume d’un lymphœdème primaire unilatéral des membres inférieurs lors d’une thérapie physique décongestive complète.

Type d’étude : Étude observationnelle rétrospective incluant 222 patients consécutifs (de janvier 2009 à janvier 2017 ; âge médian : 45,8 ans) atteints de lymphœdème touchant l’ensemble d’un membre inférieur, ayant reçu pour la première fois une thérapie physique décongestive complète dans un centre spécialisé.

Méthodes : La thérapie comprenait, pour tous les patients, un bandage à allongement court, des drainages lymphatiques manuels, des exercices physiques et des soins cutanés. Une lymphoscintigraphie était réalisée avant le début du traitement.

Résultats : L’évolution médiane du lymphœdème était de 73 mois, avec un excès de volume médian de 34 %. Les volumes de lymphœdème médians (avec intervalle interquartile) étaient de 2845 mL (1038–3487) avant, et de 1276 mL (601–2195) après une médiane de 11 jours de traitement, soit une réduction médiane de 34 %.
L’analyse multivariée a identifié l’âge, un indice de masse corporelle (IMC) > 40 kg/m², et des antécédents de cellulite comme associés de manière indépendante à une meilleure réduction de volume. Chaque année supplémentaire d’âge était associée à une réduction accrue de 0,16 %. De manière inattendue, une augmentation logarithmique du volume initial était associée à une réduction de 4,95 % de l’efficacité. Les patients ayant eu un ou plusieurs épisodes de cellulite obtenaient une réduction supplémentaire de 6,9 %, et ceux avec un IMC > 40 kg/m², une réduction de 17,1 %.
Une lymphoscintigraphie des membres inférieurs était disponible pour 150 patients (67,6 %). La présence d’un reflux dermique était associée à une réduction de volume plus importante que son absence (39 % contre 31 %).

Limites : Étude rétrospective ; seulement 67,6 % des patients ont bénéficié d’une lymphoscintigraphie.

Conclusion : Cette analyse a identifié des facteurs cliniques et scintigraphiques prédictifs de la réduction du volume du lymphœdème chez des patients atteints de lymphœdème primaire unilatéral. La lymphoscintigraphie permet de confirmer le diagnostic de lymphœdème et d’anticiper la réponse au traitement. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

© 2020 American Physical Therapy Association.

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