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Le lymphœdème est le résultat d’une accumulation de liquide dans les tissus, qui provoque une augmentation du volume des tissus d’une ou plusieurs parties du corps (œdème). C’est la manifestation la plus connue et visible du lymphœdème. Il peut s’accompagner de sensations physiques, comme des sensations de lourdeur, de tension, de tiraillement, d’engourdissement et parfois de douleur aigue. La douleur s’aggrave souvent en fin de journée, en position statique prolongée ou en cas de chaleur.
La localisation du lymphœdème dépend essentiellement de l’origine du trouble lymphatique.
Dans le lymphœdème primaire, l’anomalie est congénitale ou liée à un développement insuffisant du système lymphatique. Selon la zone anatomique où les vaisseaux ou ganglions sont atteints (jambes, bras, thorax, abdomen, visage ou organes génitaux), la partie du corps touchée va varier. On observe cependant qu’une grande majorité des lymphœdèmes primaires (80%) touchent les membres inférieurs (pieds, jambes).
Dans le lymphœdème secondaire, le problème est acquis, le plus souvent à la suite d’un geste chirurgical, d’une radiothérapie ou d’un traumatisme qui perturbe la circulation lymphatique. La localisation du lymphœdème dépend alors de la zone traitée ou lésée.
Le lymphœdème des membres peut être symétrique ou asymétrique. Plus rarement, l’œdème peut toucher le visage, le cou, le thorax, l’abdomen et les organes génitaux. Il peut aussi être diffus ou généralisé, touchant plusieurs régions du corps en même temps.
Jambes
Il représente 80% des lymphœdèmes primaires. Il peut aussi être
secondaire à un traitement de cancers pelviens comme le col de l’utérus
(30%), l’endomètre (28%), les ovaires (21%) ou d’un mélanome.
Jambes/Pieds
Il représente 80% des lymphœdèmes primaires. Il peut aussi être
secondaire à un traitement de cancers pelviens comme le col de l’utérus
(30%), l’endomètre (28%), les ovaires (21%) ou d’un mélanome.
Organes génitaux
Rare, il peut être primaire ou secondaire après traitement de cancers
pelviens (prostate, vessie, col utérin) ou après radiothérapie inguinale
ou pelvienne.
Bras/Mains
Il peut être primaire ou secondaire au traitement d’un cancer du sein :
il survient dans 15 à 20 % des cas après curage axillaire, et dans 6 %
des cas après biopsie du ganglion sentinelle.
Bras/Mains
Il peut être primaire ou secondaire au traitement d’un cancer du sein :
il survient dans 15 à 20 % des cas après curage axillaire, et dans 6 %
des cas après biopsie du ganglion sentinelle.
Buste
Souvent associé à un cancer du sein, il peut toucher la paroi thoracique
ou le dos après chirurgie et/ou radiothérapie.
Plus rarement, il peut être primaire.
Visage/tête
Rare, il est le plus souvent secondaire à un traitement ORL
(chirurgie, radiothérapie) pour un cancer de la tête et du cou.
Il peut aussi être primaire.
Le lymphœdème ne se limite pas à une simple accumulation de liquide : avec le temps, il s’accompagne souvent d’une augmentation du tissu adipeux (c’est-à-dire de la graisse) dans la zone touchée. Lorsque la lymphe circule mal, elle crée un environnement inflammatoire qui perturbe le fonctionnement normal des tissus. Cette inflammation chronique stimule progressivement la formation de graisse et rend la zone plus volumineuse et plus fibreuse.
Un lymphœdème apparait de manière progressive sur le corps. Dans tous les cas, une prise en charge précoce et experte permettra de maintenir le lymphœdème et d’en réduire le volume, d’éviter les complications, de contrôler l’évolution et d’améliorer la qualité de vie au quotidien.
Toutefois, certaines évolutions du lymphœdème suivent souvent des schémas reconnaissables. Deux évolutions sont le plus souvent observées dans les lymphœdèmes des membres inférieurs :
Pour les lymphœdèmes des membres supérieurs, deux schémas d’évolution peuvent également être observés :
Certaines évolutions du lymphœdème sont moins fréquentes, mais peuvent apparaître lorsque la circulation lymphatique est fortement perturbée, en particulier au niveau des lymphatiques du tronc. Là encore, une prise en charge spécialisée permet généralement de limiter leur progression et d’améliorer le confort au quotidien.
Parmi ces évolutions plus rares, on peut observer :
Ces manifestations sont rares, mais connues dans certains syndromes lymphatiques complexes ou après des atteintes majeures du réseau lymphatique. Elles nécessitent une évaluation experte pour proposer des stratégies combinant soins, compression adaptée et parfois traitements interventionnels.
Les connaissances génétiques progressent rapidement : elles permettent aujourd’hui d’anticiper plus précisément certaines évolutions, notamment dans les formes familiales, et d’adapter le suivi et la prévention dès les premiers signes. Par exemple, l’identification d’une mutation au sein du gène codant pour le récepteur 3 du VEGF à la surface des cellules endothéliales ne s’étendra jamais au-dessus du genou.