Résumé :
Le lymphœdème est une pathologie chronique caractérisée par une accumulation de lymphe dans le tissu interstitiel. Le réseau lymphatique joue un rôle dans le métabolisme des lipides et des lipoprotéines, et cette accumulation conduit à des dépôts lipidiques dans les tissus concernés. Le taux de lipoprotéine(a) [Lp(a)] est reconnu comme un facteur de risque cardiovasculaire, en partie déterminé génétiquement, mais aussi influencé par certains facteurs (insuffisance rénale chronique, traitement par statines, activité physique, alimentation pauvre en acides gras saturés, etc.). Les concentrations plasmatiques de Lp(a) sont associées de manière linéaire à un risque accru d’infarctus du myocarde ainsi que de sténose des artères carotides et fémorales.
Nous prenons actuellement en charge, dans l’unité de médecine vasculaire et d’explorations du CHU de Nice, des patients présentant un lymphœdème primaire ou secondaire, quelle qu’en soit l’étiologie.
Les patients bénéficiant d’une prise en charge intensive en hospitalisation pour traitement décongestif profitent d’un bilan biologique incluant notamment un profil lipidique [cholestérol total, triglycérides, cholestérol HDL et LDL, apolipoprotéines A et B, et Lp(a)].
Notre équipe a observé une élévation de Lp(a) >30 mg/dL chez 10 des 17 patients ayant bénéficié de ce dosage (qu’il y ait ou non une dyslipidémie connue ou traitée). Cette prévalence élevée est bien supérieure à celle observée dans la population générale, où une élévation de Lp(a) est retrouvée chez environ 25 % des individus.
Compte tenu de l’impact de Lp(a) sur le risque cardiovasculaire et du rôle du système lymphatique dans le métabolisme des lipoprotéines, il nous semble essentiel de confirmer ces résultats préliminaires sur une population plus large.
Dans le cadre de cet essai multicentrique de type transversal, nous proposons de réaliser un dosage des lipoprotéines Lp(a) chez des patients atteints de lymphœdème afin de déterminer si ce marqueur est augmenté dans ce contexte pathologique.
Nous étudierons également la concordance de ce taux avec des scores d’évaluation du risque cardiovasculaire tels que le SCORE2/SCORE2-OP et le score calcique coronaire. Nous rechercherons enfin les facteurs influençant les taux plasmatiques de Lp(a), qu’ils soient généraux (déjà suspectés) ou spécifiques au lymphœdème.
Description détaillée :
Le lymphœdème est une maladie chronique caractérisée par une accumulation de lymphe dans le tissu interstitiel. Le réseau lymphatique est impliqué dans le métabolisme des lipides et des lipoprotéines, et cette accumulation entraîne des dépôts lipidiques dans les tissus concernés. Le taux de lipoprotéine(a) [Lp(a)] a été identifié comme un facteur de risque cardiovasculaire, en partie déterminé génétiquement, mais également influencé par certains facteurs (insuffisance rénale chronique, traitement par statines, activité physique, ou régime pauvre en acides gras saturés, entre autres). Les concentrations plasmatiques de Lp(a) sont associées de façon linéaire à un risque accru d’infarctus du myocarde ainsi qu’à des sténoses carotidiennes et fémorales.
Nous prenons actuellement en charge, dans l’unité de médecine vasculaire et d’explorations du CHU de Nice, des patients atteints de lymphœdème primaire ou secondaire, quelle qu’en soit l’étiologie.
Les patients bénéficiant d’un traitement décongestif intensif en hospitalisation font l’objet d’un bilan sanguin, notamment lipidique [cholestérol total, triglycérides, cholestérol HDL et LDL, apolipoprotéines A et B, et Lp(a)]. Notre équipe a observé une élévation de Lp(a) >30 mg/dL chez 10 des 17 patients ayant bénéficié de ce dosage (indépendamment de la présence d’une dyslipidémie connue ou traitée). Il s’agit d’une prévalence très élevée comparée à celle observée dans la population générale, où une élévation du taux de Lp(a) est retrouvée chez environ 25 % des individus.
Compte tenu de l’impact du Lp(a) sur le risque cardiovasculaire et du rôle du système lymphatique dans le métabolisme des lipoprotéines, il paraît essentiel de vérifier ces résultats préliminaires sur une population plus large. Dans le cadre de cet essai multicentrique transversal, nous proposons de réaliser un dosage de la lipoprotéine Lp(a) chez des patients atteints de lymphœdème, afin de déterminer s’il existe une élévation de ce marqueur dans ce contexte pathologique. Nous étudierons également la concordance entre ce taux et les scores d’évaluation du risque cardiovasculaire tels que SCORE2/SCORE2-OP ainsi que le score calcique coronaire. Enfin, nous rechercherons les facteurs influençant les concentrations plasmatiques de Lp(a), qu’ils soient généraux (facteurs déjà suspectés) ou spécifiques au lymphœdème.